Poésie sans fin (Poesía sin fin) ***½

28 avril 2017

Après une enfance passée sous le joug d’un père autoritaire, le jeune adulte Alejandro Jodorowsky (Adan Jodorowsky) quitte le domicile familial, s’entoure de personnes ayant les mêmes aspirations que lui et devient poète à leurs côtés.

Réalisateur: Alejandro Jodorowsky | Dans les salles du Québec le 28 avril (FunFilm)

À l'âge de 87 ans, le réalisateur de films exceptionnels comme La montaña sagrada et Santa sangre nous offre un deuxième film autobiographique / bilan / testament, trois ans après La danza de la realidad. Alors que ce dernier était consacré à son enfance, Poesía sin fin se consacre à ses débuts dans l'âge adulte, et donc à sa découverte de la liberté de penser, d’agir et de créer. Cela permet bien sûr au cinéaste d’évoluer dans son univers si particulier et donne parfois à son film des allures de synthèse (d’une oeuvre et d’une vie) qui n’est jamais très loin de l’autocélébration. Alejandro est évidemment génial, irréprochable, aimé de tous dans son nouveau milieu… une sorte d’artiste providentiel promis à un destin hors normes et international. Au regard de sa carrière et du charisme qu’il possède encore maintenant, Jodorowsky n’est peut-être pas éloigné d’un tel portrait, mais qu'il en soit l'auteur pourrait être perçu comme un peu indécent. Pourtant, ce qui aurait pu être une faiblesse devient une force grâce à la sensibilité de l’ensemble. Jodorowsky semble tellement croire à son rôle bienveillant qu’il finit par nous transmettre une forme de sa sagesse charismatique.
Au-delà du perpétuel provocateur (même si ici, il provoque beaucoup moins et se contente de recycler une partie de sa fougue passée), Jodorowsky est avant tout un sage, qui intervient régulièrement dans son film pour se pencher (littéralement) sur son propre personnage et lui insuffler la force d'aimer, de croire, de pardonner mais également d'accepter la vieillesse et sa mort prochaine.
Comme le génie visuel de l’artiste est encore bien présent, Poesía sin fin parvient à nous enchanter totalement, aussi bien pour ses qualités formelles que pour son inventivité permanente et pour la sincérité de son discours.
Certes, Jodo est un peu mégalo… mais il faut reconnaitre que tous les mégalomanes n’ont pas ce talent. Loin s’en faut!
L'avis de la rédaction :

Jean-Marie Lanlo: ***½
Martin Gignac: ***
Olivier Maltais: ***½
Ambre Sachet: ***
 

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