It Comes At Night (Lorsque tombe la nuit) ***½

9 juin 2017

Une famille vit dans une maison isolée au milieu d’une forêt, essayant de se protéger d’une menace invisible, jusqu’au jour où...

Réalisateur: Trey Edward Shults | Dans les salles du Québec le 9 juin 2017 (Métropole)

Depuis quelques années, le cinéma d’horreur d’auteur se porte plutôt bien. Après It Follows (David Robert Mitchell), The Witch (Robert Eggers), ou plus récemment (et plus confidentiellement pour le spectateur québécois) Grave (Julia Ducournau), c’est maintenant au tour de It Comes At Night de venir nous éblouir de son sombre talent.
Après un premier film inédit au Québec (Krisha) qui avait comme sujet la famille, Trey Edward Shults continue sur cette voie, en ajoutant ici une tension horrifique (cependant très réaliste et très éloignée des excès du gore). Certes, il reprend certains codes du genre (une menace invisible qui menace de surgir à tout moment, une maison isolée au milieu de la forêt, des alliances de circonstance plus que fragiles, etc.), mais il en profite surtout pour faire de la complexité des comportements humains la principale source d’angoisse. Intelligemment, il se fait très discret sur les origines d’un mal qui ressemble à une terrible maladie très contagieuse et préfère étudier les comportements possibles face à ce danger. En opposant les uns prêts à tout pour défendre leur famille et les autres mettant en avant la préservation de l’humanité, il trouve le moyen imparable de placer le spectateur dans une situation particulièrement inconfortable, chaque partie pouvant être perçue aussi bien comme irréprochable que comme abjecte. Secondé par une écriture volontairement minimaliste, il se contente de constater à quel point la survie de l’humanité peut exiger une froideur et une absence d'empathie paradoxalement presque inhumaines.
Le malaise général est accentué par une ambiance oppressante parfaitement restituée, même si on pourrait reprocher au cinéaste quelques scènes de cauchemar assez superflues. Elles sont certes plutôt réussies, mais donnent parfois l’impression de n’être présentes que pour satisfaire les amateurs d’horreur purs et durs. Cette réserve est toutefois très mineure et nous espérons que le cinéaste parviendra à démontrer aux récalcitrants que le cinéma d'horreur mérite autant que tout autre forme cinématographique le respect des cinéphiles les plus exigeants. Ce genre peut en effet lui aussi engendrer des personnages crédibles et témoigner comme beaucoup d’autres d’une vision du monde, de doutes et d'interrogations complexes sur la nature humaine…
It Comes At Night est donc à voir, même par ceux qui n’aiment pas «ce genre de film»… comme ils disent trop souvent!
L'avis de la rédaction :

Jean-Marie Lanlo: ***½
Miryam Charles: ***
Martin Gignac: ***½
Pascal Grenier: ***½
Olivier Bouchard: ***
Olivier Maltais: ***½
Ambre Sachet: ****
 

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