Hostiles ***½

19 janvier 2018

Alors qu'un capitaine de l'armée américaine (Christian Bale) et ses hommes sont chargés d'escorter un chef de guerre Cheyenne, ils décident de prendre en charge une femme (Rosamund Pike) dont la famille a été massacrée par les Comanches.

Réalisateur : Scott Cooper | Dans les salles du Québec le 19 janvier 2018. (Entract Films)

S'il y a un réalisateur qui était né pour faire un western, c'est bien Scott Cooper. Ses précédents films (dont Crazy Heart et Black Mass) s'en rapprochaient beaucoup et il en signe finalement un en bonne et due forme. Le résultat, d'un classicisme qui l'honore, répond à tous les codes du genre, se rapprochant des productions des années 60 – Cheyenne Autumn de John Ford, Hombre de Martin Ritt – qui cherchaient à enterrer la hache de guerre et à proposer des élans de solidarités entre les peuples blancs et autochtones.
Cela n'empêche pas le sang de couler à flots dans Hostiles et de rappeler que les bons et les mauvais existent de tous bords. Cette véritable radiographie de l'Amérique s'exerce grâce aux métaphores en place, plus que par le scénario qui peut paraître limité par endroits. Le rythme lent et parfois méditatif opère une certaine transcendance chez le spectateur, qui pourra paraître un peu perdu à mi-chemin avant d'être revigoré par une conclusion forte en bouche.
Les acteurs forment les piliers de l'exercice et ils répondent par des performances intenses. À commencer par Christian Bale qui retrouve le cinéaste qui l'avait brillamment dirigé dans l'excellent Out of the Furnace – cet autre pseudo-western violent qui décortiquait les maux des États-Unis. Le comédien met son corps et son âme au service d'un homme tourmenté en quête de quiétude et de rédemption. Face à lui se dresse Rosamund Pike qui n'a jamais été aussi juste depuis Gone Girl. La brutale introduction lui offre d'ailleurs toute la latitude pour laisser exprimer son talent.
Sans révolutionner le genre, Hostiles l'explore avec finesse, devenant le western le plus concluant depuis Slow West et The Homesman. Sa gravité lui permet d'éviter les guets-apens des clichés et d'aborder des thèmes qui sont encore d'actualité.
L'avis de la rédaction :

Martin Gignac: ***½
Jean-Marie Lanlo: ****
Ambre Sachet: **½
 

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