23 octobre 2020

FNC 2020 | ★★★ | Il n’y a pas de faux métier

Réalisation : Olivier Godin

Ceux qui ne connaissent pas le cinéma d’Olivier Godin risquent d’être surpris, tant ses films ne ressemblent à rien de connu (même si certaines influences sont évidentes!). En ce qui nous concerne, nous faisons partie des amateurs du cinéaste, même si nous devons avouer que, de film en film, nous avons toujours un peu peur que Godin ne finisse par transformer sa créativité en système, et son inventivité en procédé.
Une nouvelle fois, avec Il n’y a pas de faux métier, le cinéaste n’est jamais bien loin de tomber dans son propre piège… mais une nouvelle fois, il parvient à éviter la chute. Certes, il reste adepte de ce cinéma où se côtoient avec une assurance presque insolente la poésie, la vulgarité assumée, l’érudition, la philo-pop, les références multiples, l’humour très personnel, l'absence de véritable enjeu dramatique et la musique aux accents jazzy. Mais le côté parfois brouillon des précédentes œuvres laisse la place à une plus grande maîtrise : rarement, un bordel cinématographique québécois aura été aussi bien organisé. De plus, la photo, pas toujours irréprochable dans ses longs métrages passés (à l’exception de Nouvelles, Nouvelles) est ici en phase totale avec les évidentes velléités graphiques du cinéaste. Cadre précis, noirs profonds, rouges obsédants, jeux de lumières soignés… certains plans sont particulièrement beaux et viennent apporter une évidente valeur ajoutée à l’ensemble.
Alors si vous ne connaissez pas encore le cinéma de Godin, Il n’y a pas de faux métier est probablement la porte d’entrée idéale dans l’univers insolite du cinéaste.
Et pour les autres, une question s’impose. À quoi ressemblera le prochain Godin ? Réussira-t-il à se renouveler ? Finira-t-il par faire évoluer son cinéma avant de se prendre les pieds dans son propre système ! Réponse au prochain épisode… au FNC 2022, probablement !
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