John Carter *½

9 mars 2012

John Carter (Taylor Kitsch), un aventurier de l’Ouest américain poursuivi par des Indiens, trouve refuge dans une grotte sacrée et se voit bien malgré lui téléporté sur la planète Mars. Cette étrange créature venue d’ailleurs, que les lois de l’attraction (et son expérience terrienne) rendent plus sautillante que les autochtones, se retrouve impliquée dans une guerre déchirant les habitants de la planète.

Réalisateur : Andrew Stanton | Dans les salles du Québec le 9 mars 2010 (Walt Disney Pictures Canada)

Cent ans après la publication du premier volume du Cycle de Mars par le créateur de Tarzan, Andrew Stanton (Finding Nemo, WALL•E) donne vie à John Carter. Pour son premier film en prises de vues réelles, le réalisateur qui a fait ses classes chez Pixar inscrit donc au menu Mars, Edgar Rice Burroughs, Disney et la 3D…
Le plus intéressant des quatre ingrédients est probablement cette planète Mars issue de l’esprit romanesque et inventif d’un créateur du début du siècle dernier. Si les navires aériens ou les sauts de puce de John Carter ne sont pas toujours convaincants, les décors fantaisistes sont particulièrement soignés et favorisent pleinement notre immersion dans l’imaginaire d’Edgar Rice Burroughs.
Malheureusement, au-delà de l’univers qu’il a créé, nous retrouvons aussi le thème développé dans Tarzan et le message subliminal particulièrement fâcheux qu’il véhicule (pour faire simple : Un homme blanc seul sera toujours plus fort et plus intelligent que tous les sauvages de la Terre ou d’ailleurs…). Certes, contrairement aux héros d’Avatar, ce John Carter assume son statut et n’essaie pas de se donner une respectabilité en changeant de couleur ou de forme, mais ce petit message messianique venu d’un autre temps n’en demeure pas moins des plus déplaisants.
Le troisième ingrédient de ce petit dessert cinématographique a cessé de faire rêver bien des spectateurs depuis longtemps. Même si Disney n’a imposé aucune grande star, le réalisateur a visiblement respecté la règle implicite du studio : les méchants ont un physique intéressant et parviennent aisément à capter l’attention, alors que les gentils sont d’une fadeur extrême. Taylor Kitsch est d’une transparence exemplaire, et Lynn Collins, malgré un physique et une tenue qui feront dans un premier temps saliver plus d’un papa, finit par briller par son absence de charisme et sa fadeur. Mais qui se ressemble s’assemble… le mariage de ces deux tourtereaux sera donc inéluctable.
Pour compléter sa recette, Andrew Stanton nous offre une cerise sur le gâteau en trois dimensions! À l’image de 95% de ce genre de production, cette technique s’avère totalement inutile. Après les forts intéressants Pina et Les contes de la nuit, nous cherchons toujours désespérément un film où l’utilisation de la 3D présente un intérêt artistique et non pas uniquement marketing… il faudra attendre encore un peu pour le trouver (ou espérer que la mode passe).
Au suivant…
 

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