FNC 2012: Bilan

22 octobre 2012

Sudoeste, Prix AQCC
Le FNC 2012 n’aura pas été pour moi un rendez-vous classique, puisque j’étais membre du jury AQCC (Association Québécoise des Critiques de Cinéma). À ce titre, je n’ai donc pas eu la possibilité de parler des films de la sélection internationale durant les 12 jours du festival (mais je vais me rattraper d’ici quelques lignes... rassurez-vous!).
De plus, ces 18 visionnements imposés ne m’ont pas laissé assez de temps pour voir certains films prometteurs. J’ai donc décidé d’attendre que les films déjà achetés sortent en salles (même si j’ai fait deux petites entorses à cette règle avec Dans la maison et Le grand soir). Du coté des collaborateurs de cinéfilic, Miryam Charles a beaucoup apprécié Tabou, de Miguel Gomes (d’après elle, “une lettre d’amour au cinéma qui parvient à raconter une histoire débordante de poésie malgré la simplicité de son sujet”), qui devrait être distribué. Martin Gignac est quant à lui tombé sous le charme de À perdre la raison (je devrais le voir sous peu et vais écrire un petit texte à l’occasion de sa sortie, vendredi prochain).
Mais le FNC fut surtout l’occasion de faire de belles découvertes. J’ai déjà parlé ici même de Clip, de Dollhouse, de Paradis: amour et d’Orléans, il est maintenant temps de parler (enfin!) de la sélection internationale. De l’avis général du jury de la critique (composé d'Élie Castiel, Olivier Lamothe et moi-même), cinq films sortaient du lot. Commençons par citer les deux vainqueurs:
- Boy Eating the Bird’s Food (Ektoras Lygisos) qui porte un regard sans concession et esthétiquement déstabilisant sur la situation grecque actuelle.
- le très beau Sudoeste (Eduardo Nunes), que certains ont vu comme une proposition purement esthétique, mais qui est bien plus que ça... j’y reviendrai d’ici quelques semaines, avec un long texte qui sera publié dans le numéro de janvier 2013 de la revue Séquences.
Les trois autres très bons films de la sélection étaient:
- La demora, de Rodrigo Pla: Un film très sobre portant sur un double sujet difficile (la maladie et les difficultés sociales) écrit, interprété et filmé avec une intelligence rare. Il aurait fait une belle Louve d’or, mais fut oublié au palmarès.
- Une famille respectable, de Massoud Bakhshi: À la fois portrait d’une famille, portrait d’une société et thriller, le film ne réinvente pas la poudre mais possède de belles qualités d’écriture qui le rendent très agréable.
- La tête la première, d'Amélie Van Elmbt: Le jury a remis à juste titre un prix d’interprétation à Alice de Lencquesaing (L’heure d’été, Le père de mes enfants), qui confirme tout le bien qu’on pouvait penser d’elle et qui, comme le film, déborde de vie et d’envie de liberté.
Citons également d’autres films très intéressants: L’enfant d’en haut (de très belles qualités, malgré quelques facilités scénaristiques), Blackbird (une belle petite surprise made in Canada), Blancanieves (exercice de style certes un peu vain mais tout de même agréable) qui reçut le prix de l’innovation Daniel Langlois, Rengaine (pour sa fraicheur et sa vivacité) et Catimini (le Québécois du lot, inégal, mais réalisé par une cinéaste très prometteuse: Nathalie Saint-Pierre).
Ajoutons enfin la présence d’un court métrage de qualité, La boutique de forge (d’Olivier Godin), qui a obtenu le prix Focus du meilleur court métrage canadien, et dont nous connaissons bien la productrice et directrice photo, puisqu’il s’agit de notre collaboratrice Miryam Charles!
À côté de ces films, le FNC nous a aussi réservé quelques mauvaises surprises! La première fut l’attribution de la Louve d’or à Ici et La-bas, dont nous ne retenons pas grand chose d’autre que son cadre soigné! Quelques films très attendus nous ont également laissé sur notre faim. In Another Country, de Hong Sang soo est certes agréable, mais très mineur; The Legend of Kaspar Hauser ne fut pas à la hauteur des attentes suscitées lors de la conférence de presse du dévoilement de la programmation; After Lucia, en multipliant les avancés pachydermiques de son récit censées mettre en évidence la cruauté de la jeunesse, finit par ressembler à du sous-Haneke; Post Tenebra Lux, hormis les cinq premières minutes sublimes, s’avère plus prétentieux que réussi; pour finir la liste des déceptions, notons la tentative peu concluante de Sion Sono d’aborder un sujet grave avec sensibilité: The Land of Hope, qui est finalement beaucoup trop naïf pour convaincre.
Si le niveau fut loin d’égaler celui de l’an dernier (il faut dire qu’il s’agissait d’une année particulièrement exceptionnelle), le festival nous aura permis de découvrir bon nombre de films sélectionnés dans les grands festivals et de faire de belles découvertes. À n’en point douter, nous reviendrons l’année prochaine!
 

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