My Sweet Pepper Land ***½

11 juillet 2014

Dans un petit village perdu de la région autonome du Kurdistan irakien, Baran (Korkmaz Arslan), officier de police nouvellement affecté, tente de faire respecter la loi malgré les habitudes tenaces du caïd local. Il sympathise naturellement avec l'institutrice du village (Golshifteh Farahani) qui, tout comme lui, refuse de se laisser dicter sa vie par le poids des traditions.

Réalisateur: Hiner Saleem | Dans les salles du Québec le 11 juillet 2014 (FunFilm)

Hiner Saleem, Kurde en exil à Paris, et Golshifteh Farahani, Iranienne également en exil, se retrouvent quelques années après le très bon Si tu meurs, je te tue, mais quittent cette fois leur ville d’adoption pour le Kurdistan irakien. Si le film, comme beaucoup des films précédents de son réalisateur, prend comme point central la situation de son peuple d’origine, il ne devrait pas pour autant déstabiliser le public peu familier avec cette région du monde. Très vite, Saleem permet en effet de comprendre les difficultés auxquelles sont confrontés les Kurdes: difficulté à assurer le bon fonctionnement de l’administration lorsqu’un peuple opprimé se retrouve soudain dans une situation d’autonomie (le Kurdistan irakien est maintenant une province autonome d’Irak) et importance des traditions qui entravent les individus.
Le même constat pouvant être fait un peu partout ailleurs, le film a l’intelligence de s’appuyer sur un situation particulière pour atteindre une certaine universalité. Il a également le grand mérite de mélanger les genres à merveilles. Le message socio-politique, même s’il est omniprésent, ne devient en effet jamais indigeste en raison du traitement oscillant entre le western et la romance, le tout agrémenté d’une petite touche d’humour absurde toujours parfaitement dosé.
Ce savoureux mélange permet à Saleem d’aborder des sujets qui lui sont chers sans jamais nous faire la leçon, ni faire de l’ombre à ses personnages, intelligemment traités sans excès de psychologisme et incarnés par deux acteurs parfaitement en phase avec l'ambiance générale du film.
Une fois de plus, les prises de risque de Saleem font mouche… pourvu que ça dure, car son univers nous ravit de plus en plus film après film!
 

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