Entrevue avec Denis Côté (Boris sans Béatrice)

2 mars 2016

Denis Côté est probablement le cinéaste québécois le plus intéressant de ces 10 dernières années. Après une rencontre électronique à l’occasion du très bon Que ta joie demeure, nous avons eu le plaisir de le retrouver en chair et en os pour la sortie de Boris sans Béatrice, qui fut sélectionné il y a peu en compétition à Berlin, et qui prendra l’affiche au Québec ce vendredi.

Vous continuez d’alterner ce que vous appelez «cinéma industriel» et cinéma plus artisanal, ou de recherche, depuis maintenant pas mal de temps…
Mais j’espère que l’industriel est quand même de la recherche (rire).

Qu’est ce qui rend cette alternance indispensable? L’aspect artistique, économique, voire humain?
Je ne déteste pas avoir une pression de performance dans les gros films, mais aussi diriger les comédiens, faire des choses normales de cinéma comme monter un casting, approcher des acteurs professionnels, les diriger, écrire des dialogues, avoir la pression de bien performer en salle, travailler avec des producteurs, des distributeurs… c’est à dire faire des vraies choses de cinéma. Si je ne faisais pas ça, je serai juste un petit artisan qui fait ses films à la maison avec sa caméra vidéo. J’aime assez m’adonner au vrai travail d’écriture, diriger une équipe de 35 à 40 personnes, avec des éclairages à n’en plus finir. Et ça fait gagner sa vie aussi car c’est bien payé. Il faut donc faire tout le travail de subvention, aller défendre ses idées devant les institutions. C’est loin d’être cauchemardesque. C’est un vrai travail, assez intéressant. Mais c’est vrai qu’après ça, ça fait du bien de ne rien devoir à personne, de fabriquer un film sans scénario, sans savoir ce qu’on est en train de faire… et voir ces films aussi bien marcher que les gros, c’est super. J’ai également tourné en 2015 deux courts-métrages. Appeler ses amis, trouver une voiture et aller tourner à deux heures de Montréal avec une caméra vidéo, ça a l’air tout petit, mais ça me fait sentir comme si j’avais 22 ans et que je voulais refaire le monde. C’est une manière de ne pas m’embourgeoiser non plus, mais quand je reviens aux gros véhicules comme Boris sans Béatrice, c’est un peu comme si j’achetais mes galons de vrai cinéaste! Il y a donc les gros films, les petits films, les films de vengeance, les films industriels… ce ne sont que des adjectifs maladroits mais c’est une continuité dans la démarche, un peu comme Robert Morin qui fait des petits films et des gros films! C’est mon oeuvre, et il n’y a aucun film que je regrette. Ce sont juste des économies différentes.

Par contre, si on se focalise sur les films industriels, il y a une petite évolution. Dans le dernier film notamment, l’histoire est peut-être le véhicule du film. J’ai l’impression que c’est la première fois chez vous. Il y a une envie de votre part de travailler différemment ou est-ce une volonté d’essayer de moins déstabiliser un large public?
Je ne pourrai pas mettre le doigt exactement sur ce que c’est, mais ce n’est certainement pas pour aller trouver un plus grand public. Je ne mène pas ce combat à 42 ans après 9 films. Je pense que les gens ont compris à qui ils ont affaire. Ils savent qu’ils ne rentrent pas dans un monde confortable. Ils savent qu’ils vont devoir un peu travailler, qu’il s’agit d’un univers «art et essai». À certains moments, j’ai envie de faire sauter la baraque et de travailler sans scénario, mais à d’autres, j’ai simplement envie de raconter une bonne histoire. Ça n’a rien à voir avec se trouver un nouveau public. C’est juste avoir envie de raconter une histoire. Dans le cas de Boris sans Béatrice, il y a eu un point de départ qui était probablement un peu moi-même. Je me suis probablement levé un matin avec l’idée de me demander si j’étais une bonne personne malgré mes succès modestes dans mon domaine. Je crois que je me suis vraiment demandé comme Boris si j’étais une bonne personne ou si j’allais passer mon temps à me vanter d’avoir fait le tour du monde. Après, j’extrapole vers un personnage, en allant vers une classe sociale qui représente un nouveau défi, tout en ayant le réel plaisir d’écrire des dialogues avec de la viande et un personnage qui se tient debout. Il y a un réel travail d’écriture. Je ne sais pas si c’est plus conventionnel car je suis plus narratif qu’avant, mais ce n’est pas quelque chose qui me hante. Ce n’est pas conscient, ni putassier. Je veux juste être dans la continuité de ma démarche. Si je surprends les gens, tant mieux. Sinon, tant pis… mais je suis assez en paix avec qui je suis aujourd’hui. Il y a sept ou huit ans, je me cherchais peut-être un peu plus, à l’époque de Elle veut le chaos par exemple. Je pense que je suis devenu un cinéaste avec une signature.

Nous allons revenir au personnage tout à l‘heure… mais pour le moment, continuons à propos de l’écriture. Dans Boris sans Béatrice, il y a une histoire comme je le disais, mais il y a aussi beaucoup plus de dialogues que sur vos autres films. Est-ce que ça change quelque chose dans votre manière d’aborder le tournage?
Le danger est de s'asseoir sur les dialogues et d’imaginer qu’ils vont porter le film. Il ne faut pas baisser la garde au niveau formel. Je garde la même énergie au niveau de la précision des cadrages, de l’éclairage ou des ambiances. Tout reste aussi important. Après, j’ai l’impression de vieillir et d’être capable de m’attaquer à des dialogues, d’avoir un personnage qui peut se défendre avec son verbe. Avant, mes personnages préféraient se taire. Plus jeune, on pense que le silence au cinéma nous dédouane de tout. Ici, je voulais mettre des mots sur des choses. Si on me dit que les dialogues sont explicatifs, c’est un défaut… mais je pense que non. Avec Vic + Flo j’avais déjà mis plus de dialogues. Mais ici, j’avais envie d’en mettre encore beaucoup plus. La scène finale a été coupée un peu, mais à la base il y avait 11 pages de dialogues. Cette scène, c’est du didactisme sur du didactisme, ce qui me faisait beaucoup rire. On explique le film aux spectateurs (rire). J’ai poussé à son comble mon exercice de dialogues. Je ne sais pas si je vais continuer dans cette direction, mais ce film a été un beau défi.

Mais est-ce un vrai plaisir pour vous?
Dans ce film, absolument. Par contre, j’ai envie de prendre une pause. Je vais peut-être retrouver le silence. J’aime sortir de ma zone. Ça me ferai plaisir d’entendre «on n’attendait pas Denis Côté là». Je l’ai souvent entendu, et ça me fait toujours plaisir. Je ne serai pas bien à faire dix fois le même film. Si je vous ai surpris avec le nouveau, tant mieux.

Et seriez-vous prêt à tourner sur un scénario d’un autre?
Absolument.

Ça serait une nouvelle manière ne nous surprendre!
Il y a quelque chose autour du nom Denis Côté. Je sens qu’il y a quelque chose dans l’air du genre «Denis Côté est intransigeant, il est sur sa planète à lui». Je ne reçois pas d’offres de scénariste. Aucun éditeur ne m’appelle pour me proposer d’adapter tel bouquin. Je suis trop obsédé par mes idées pour penser adapter un livre que j’aurais lu, mais je ne détesterais pas être un peu plus avec les autres dans le cinéma québécois, qu’on vienne frapper à ma porte pour me proposer quelque chose. J’ai l’impression qu’on va dire «Denis Côté, c’est le mec de Locarno, c’est le mec de Berlin»… mais parfois je commence à me sentir tout seul sur ma planète. On m’a mis une étiquette, et je me débats un peu avec. J’aimerais adapter le scénario d’un autre. J’aimerai que des éditeurs m’appellent. Ce n’est pas toujours facile de s’asseoir tout seul et d’écrire ses scénarios. On peu finir par s’encrasser dans ses propres méthodes, ses propres recettes. Ça serait peut-être la prochaine étape intéressante.

En plus, vous êtes ce qu’on appelle un auteur. Contrairement à ce qu’on entend souvent, l’auteur, pour simplifier, c’est celui qui donne une signature à son film par la force de sa mise en scène. Historiquement, les auteurs ne signent pas forcément sur leurs scénarios. C’était le cas pour Hitchcock ou Hawks, mais aussi pour Chabrol ou Truffaut par exemple.
Mais ici, ça n’a jamais existé!

On a même l’impression que les gens ont peur de ne plus être considérés comme auteurs s’ils travaillent sur le scénario des autres.
Ça a toujours été comme ça au Québec. C’est difficile à expliquer. Tout le monde se connaît, mais on ne reçoit jamais un appel de quelqu’un qui va nous proposer de tourner son scénario. C’est vrai. Je ne sais pas comment expliquer ça. Est-on compétitifs entre nous? C’est possible. L’esprit de collaboration n’est pas toujours là. Mais c’est un beau problème en effet. Ça manque de collaboration. De plus, le métier de scénariste n'existe pas vraiment au Québec. Les scénaristes veulent tous réaliser leurs films.

C’est d’ailleurs à mes yeux le point faible du cinéma québécois.
C’est très possible. Je fais lire mes scénarios à des amis, à des auteurs. Je montre mes montages à beaucoup de gens… mais encore là, il n’y a pas beaucoup de gens qui vont me dire «ça, ça ne fonctionne pas». J’inspire une sorte d’autorité qui est de plus en plus malsaine. Je me désole d’une espèce d’étiquette qu’on m’a mise. Je ne veux pas avoir l’air de la mettre moi-même, mais j’ai l’impression que personne n’a envie de collaborer avec moi… J’ai développé ma signature et ma spécificité. Mais après, on peut se sentir seul. Je fais un film, je fais le tour des festivals, et je reviens chez-nous… et je fais un film, je fais le tour des festivals, et je reviens chez-nous! Il y a peu, une dame m’a contacté pour faire la mise en scène de Vic + Flo au théâtre! C’est la seule chose que je peux nommer! Et ce n’est pas vrai que pour moi. Tout le monde fait son projet dans son coin, et j’ai du mal à démystifier le problème.

Rafaël Ouellet a fait son dernier film (Gurov & Anna, ndlr) avec une scénariste...
Mais c’est très rare!

En effet, c’est presque l’exception!
Ici, ce n’est pas comme à Hollywood. Là-bas, on paie le scénario, on dit au revoir au scénariste et ça passe à un autre département. Ici, c’est un grand village, on est tous amis, et on veut tous un peu contrôler. Il y a un peu des chasses gardées.

Donc, ce n’est peut-être pas demain que vous allez travailler sur le scénario d’un autre!
Mais si on m’en propose, je vais le lire!

Je vais revenir maintenant sur Boris sans Béatrice, et spécifiquement sur le personnage de Boris. Je disais tout à l’heure que l’histoire est le moteur du film, mais c’est peut-être plutôt le personnage qui est le moteur de l’histoire…
Oui!

Vous avez parlé de vous tout à l’heure.
C’est vraiment juste l’étincelle. Je me suis dit que j’allais faire 90 minutes d’un personnage qui dialogue avec sa conscience! Pour la scène finale, je voulais un mec assis autour d’une table qui discute avec ses démons, dans une ambiance un peu bunuellienne, comme s’il était devant un tribunal. Les gens sont-ils dans la pièce? Je m’en fous. Peut-être que oui, peut-être que non! Mais la conscience? comment la mettre en image? Je suis donc allé chercher une sorte de commandeur, Denis Lavant. Toutes ces idées paraissent un peu abstraites ou hermétiques, mais j’avais la prétention de penser que toutes ces torsions avec la réalité seraient amusantes, à défaut d’un meilleur adjectif. Pour moi, il s’agit d’une comédie. Je trouve le film assez drôle. Il s’agit d’un riche qui se débat dans l’eau bénite. Je ne voulais pas devenir cynique. J’ai l’impression que si on filme un riche, il faut s’amuser à le détruire. C’est une posture qui permet de se sentir bien comme cinéaste: détruire son personnage de riche. Je ne voulais pas. Antonioni a fait toute une oeuvre en s’intéressant aux problèmes des riches. Je voulais filmer Boris à sa hauteur. Je voulais juste mettre une légère ironie, le regarder se défendre, et à la fin lui redonner sa femme… ce qui n’est pas pour autant un happy-end. Le tout avec un petit bonhomme, sa conscience, qui lui dit «tu es sous observation». Je trouvais ça drôle! Je ne voulais pas quelque chose de trop judéo-chrétien. Il n’a rien fait de mal. C’est juste le doute qui frappe à sa porte et qui le fait paniquer, mais il n’a rien fait de mal. Il n’est pas puni de quoi que ce soit. Il cherche, il cherche, sans trouver vraiment. C’est un conte moral que je trouve assez amusant.

Et pourquoi ne pas avoir joué plus sur une forme de mystère à propos de la conscience? Fallait-il que ce personnage soit si ouvertement une conscience?
Je joue dans le sens où j’amène la conscience jusque dans la pièce à la fin. Je l’incarne physiquement dans une pièce… contrairement aux scènes précédentes, où elle est dans une carrière, sans aucun témoin. Mais dire que c’est un homme qui parle avec sa conscience, c’est un peu gros. Rendre les personnages plausibles dans la réalité, je trouvais ça encore plus amusant. Toute cette charpente, est-ce qu’on perd des spectateurs? Est-ce que certains ne comprennent pas le ton du film? C’est possible. C’est un grand terrain de jeu avec un refus du réel. Je m’approprie un film qui semble réaliste pour en faire ma propre fantaisie. Dans une scène, le mec est dans la cave avec sa maîtresse. Sa femme lâche un cri en haut, ils partent à courir tout nus, ils arrivent dans la chambre, la femme a saigné, l’homme prend une balle de fusil et va dans une carrière parler à un mec qu’on ne voit pas! Pourquoi les gens continuent d’écrire qu’il s’agit d’un drame existentiel? On s’amuse, on rit! Je trouve assez tordu et drôle ce film! Mais je pense que certains n’ont pas compris le ton! (rire)

(...)

Pour certains aspects, le film est très québécois… dans le sens où vous parlez de l’homme adulte qui se pose des questions sur lui-même et qui a des relations difficiles avec sa fille, qui est un thème que l'on retrouve souvent ici. Par contre, dans la scène où il renoue plus ou moins avec sa fille, vous vous en moquez un peu. Il y avait une volonté consciente d’aller sur un terrain plus québécois tout en disant «voilà, je suis conscient de certains travers de notre cinéma et je m’en amuse»?
Un peu...

Ou c’est moi qui voit ça?
Lorsqu’on voit un personnage qui affiche sa fierté ou sa réussite, je n’ai pas souvent vu ça dans le cinéma québécois. J’en suis fier. On se promène aussi entre l’anglais et le français…

C’est vrai que ces aspects-là, on les voit peu.
C’est rare, et j’en suis assez fier. Après, le personnage de la fille… cette gauche rageuse me fait un peu rire.

À ce sujet, Boris dit des choses qui ne sont pas toujours fausses (rires).
C’est un peu moi qui parle à ce moment là. Lui a le drapeau canadien sur son terrain, et elle a le drapeau québécois avec l’affiche de Québec solidaire… ce sont deux extrêmes qui me font rire. C’est gros, mais ça ne m’a pas dérangé de donner une paire de claque à la gauche radicale. Je suis aussi fier de filmer un riche en 2016, et de montrer les problèmes d’un monsieur qui appartient au 1%! Je trouve que j’ai les couilles de faire ça. Il y a plein de gens qui ne veulent pas s’asseoir pour voir les problèmes d’un riche.

En même temps… ses problèmes ne sont pas les problèmes d’un riche.
Non, ce sont des problèmes qui appartiennent à tout le monde, mais il y a cette façade de riche arrogant. On me l’a déjà reproché. Alors que si j’avais mis quelqu’un avec une moustache et des vêtements sales comme dans Curling, on aurait trouvé ça noble. Je trouve que Boris nous envoie des énergies désagréables et nous demande d’adopter un personnage qu’on devrait détester. Je me trouve assez courageux. (rires)

D’ailleurs, si on regarde tous vous films (ou du moins tous vos longs, car je n’ai pas vu tous vos courts), j’ai l’impression que c’est la première fois qu’on retrouve un personnage pour lequel vous avez une vraie sympathie, malgré un regard critique par moments.
C’est pervers car on revient à la question d’avant. On dirait que c’est mon désir secret de voir des personnages de droite avec cette arrogance dans le cinéma québécois. Je me paie le plaisir de les montrer aux gens en essayent de les convaincre qu’il ne faut pas toujours avoir le discours populiste d’être systématiquement contre la droite. J’aime ce personnage car il faut avoir un minimum d’empathie pour ses personnages. J’ai même été plus loin. Lorsque le premier ministre arrive, Bruce La Bruce m’a demandé si je voulais qu’il imite Stephen Harper. Non! Parle anglais, excuse-toi de ne pas parler français… mais tu parles bien, tu es bien habillé, il y a un drapeau du Canada dans le jardin et Boris est content de te voir. Pas d’ironie! On ne tape pas sur le Canada comme dans tous les films québécois. On ne détruit pas des gens parce qu’ils portent des cravates. J’ai une retenue dans le discours politique d’usage de toujours frapper sur le Canada. J’espère que ça ne fait pas du film ou de moi un fédéraliste ou un mec de droite, mais je trouve que l’angle est original. Je suis sûr qu’on va me reprocher de ne pas frapper sur le Canada ou sur Boris. Mais je ne l’ai pas fait, car il y a des gens qui sont intéressants à droite… Je ne suis pas de droite, mais j’en ai contre cette gauche radicale composée de gens qui ont toujours raison. Je ne fais pas l’apologie de Boris, mais je constate que ces gens-là existent, et je les respecte! (rire) En regardant le film, on attend que Denis Côté vienne frapper sur quelque chose. Le fait de ne pas frapper, ça me fait du bien. Ne pas donner la finale de Vic + Flo me fait du bien aussi. On va me reprocher de faire un film moins spectaculaire que Vic + Flo, mais c’est plus facile d’aimer Vic + Flo j’ai l’impression. Je travaille avec des énergies plus négatives, mais je respecte mes personnages pour ce qu’il sont.

Et quel est le rôle de James Hyndman dans la définition du personnage. On a du mal à imaginer quelqu’un d’autre.
Il n’y a jamais eu un autre candidat. Ce qui est délicat, c’est de l’expliquer à l’acteur. James Hyndman est convaincu qu’il n’est pas Boris. Il ne l’est pas… mais je lui ai dit au départ que si je le mettais dans une pièce avec dix femmes, cinq verraient en lui un sexe symbole, et cinq verraient quelqu’un qui est trop en raison de ce qu’il dégage! Pour ces cinq, il pourrait avoir des aspects de Boris. Je pense que les acteurs doivent porter déjà une certaine part du personnage. Il a été ma colonne vertébrale pendant le film. C’est un homme d’une intelligence extraordinaire.

(...)

Vous allez continuer ce petit balancier pour aller vers quelque chose de plus proche de l’essai maintenant?
C’est probable… chaque petit film a presque autant de succès que les gros films, alors j’y prends goût! Avec un film comme Boris, il y a un salaire… ça me permet de prendre un peu de sous, une caméra vidéo et trois ou quatre amis, et je fais quelque chose d’original. Avec Boris, j’ai trop calculé les choses. Tout est très écrit, très cadré… tout est détaillé, les éclairages son parfait! Maintenant, j’ai envie de faire un film dans lequel je ne contrôlerais rien. Bestiaire, Que ta joie demeure, Carcasses… je n’ai rien contrôlé dans ces films. J’arrive sur le plateau avec une idée vague, sans scénario, et après on s’amuse sur la table de montage. Avec un film comme Boris sans Béatrice, on l’écrit de manière précise, on le reproduit au tournage et on le monte comme c’était écrit. Je suis fier car je l’ai écrit, mais ce n’est pas comme laisser les accidents du réel envahir son matériel!
Entrevue réalisée par Jean-Marie Lanlo à Montréal le 1 mars 2016
 

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