The Lobster (Le homard) ***½

25 mars 2016

Tous les célibataires sont enfermés dans un hôtel avec une obligation: trouver l’amour et former un couple parfait. S’il n’y parviennent pas en 45 jours, ils sont transformés en l’animal de leur choix.

Réalisateur: Yorgos Lanthimos | Dans les salles du Québec le 25 mars (Métropole).

La première partie du film, située à l'hôtel, est de loin la plus réussie. La mise en place habile permet en effet au spectateur de comprendre une situation saugrenue avec un réel plaisir. L’importance vitale de former un couple avec une personne ayant les même caractéristiques, mais aussi la lutte acharnée entre ceux qui cherchent à être en couple à tout prix et ceux qui entrent dans la résistance (les solitaires) prend des allures de satire sociale suffisamment absurde pour être amusante sans jamais être trop appuyée. Au-delà de cette mise en place minutieuse, la réussite vient également des qualités formelles. La caméra est en effet parfaitement à l’aise pour rendre crédible cet improbable hôtel (et son tout aussi improbable fonctionnement). De plus, l’usage judicieux de la musique associé à la voix hors champ parfois redondante avec l’action donne au film un caractère tragique grandissant qui s’accorde à merveille avec un humour noir un peu désespéré.
Après cette première partie très réussie, le départ du héros du côté des solitaires souffre de quelques longueurs. Certes, en regardant le revers de la médaille, Yorgos Lanthimos montre bien l’absurdité du combat (les opposants au conformisme défendent le célibat avec le même aveuglement que leurs ennemis défendent l’importance du couple), mais à force de forcer tous les traits, le film perd à la fois son caractère caustique et cette pointe d’humour tragique qui faisait la force de la première partie.
Lorsque le couple fuit l’anti-conformisme dogmatique des seconds pour la liberté, il retrouve en fait le conformisme ridicule des premiers (se ressembler à tout prix). Malheureusement, le film donne de plus en plus l'impression de ne plus savoir où il va et la conclusion est si maladroite qu’elle l’empêche d'être la fable qu'il aurait pu être. À force de charger la mule, celle-ci finit par faire un peu du surplace!
Heureusement, le talent de Yorgos Lanthimos et de ses acteurs est énorme et nous ferait presque oublier les faiblesses scénaristiques. Si on regrette que l’ensemble du film ne soit pas à la hauteur de la première partie, The Lobster reste donc à consommer avec délectation!
L'avis de la rédaction :

Jean-Marie Lanlo: ***½
Martin Gignac: ***½
Sami Gnaba: **½
Olivier Maltais: ****
 

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