By The Sea (Vue sur mer) ***½

20 novembre 2015

Un couple d'Américains (Angelina Jolie Pitt et Brad Pitt) passe quelques jours dans un hôtel de la Côte d’Azur. Lui, écrivain, est plus porté sur la boisson que sur l'écriture. Elle, cloîtrée dans sa chambre, observe en cachette les ébats de ses voisins de chambre (Mélanie Laurent et Melvil Poupaud). Petit à petit, les deux couples vont se rapprocher.

Réalisateur: Angelina Jolie Pitt | Dans les salles du Québec le 20 novembre 2015 (Universal)

Angelina Jolie Pitt est décidément plus à l’aise lorsqu’elle dirige des films “européens”. Après un premier opus maladroit mais plein de promesses (In the Land of Blood and Honey) réalisé en Bosnie et un mauvais film très américain (Unbroken), elle réalise son meilleur film à Malte (même s’il est censé se dérouler dans le sud de la France).
On pourrait de prime abord lui reprocher un petit côté carte postale spatio-temporelle assez maladroit (en plus d’être située sur une Côte d'azur imaginaire, l’action se déroule dans les années 70). Il serait cependant regrettable d’en rester là tant le film regorge de qualités.
La réalisatrice parvient en effet à restituer une ambiance pesante qui va progressivement évoluer au fur et à mesure que les deux couples se rapprochent. De plus, son observation de l’évolution du couple et de l’interaction avec les séduisants voisins français est très pertinente et sait prendre le temps qu’il faut. Elle s’appuie pour cela sur une écriture sobre et un casting impeccable. En plus des Français (parfaits), le couple Jolie-Pitt nous offre une prestation qui est pour beaucoup dans la réussite du film. La palme revient à Angelina Jolie-Pitt elle-même. Trop belle, trop maigre et trop meurtrie sous son grand chapeau, elle permet de nous faire comprendre toute la souffrance de la femme qu’elle incarne, tout en nous en faisant d’emblée ressentir l’extrême fragilité psychologique que l’on imagine pouvoir se transformer en folie. Jolie amorce également des pistes qui auraient pu entraîner le film vers le thriller. Elle préfère cependant le maintenir du coté du drame et du portrait d’un couple rencontrant des difficultés liées à une souffrance passée. Cet entre-deux confère au film un charme indéniable (tout en traduisant très bien la réalité du couple, pris entre l’ici et l’ailleurs, entre le réel et le fantasme, entre le passé et le présent, entre la sincérité et la manipulation).
Si Angelina Jolie-Pitt pouvait maintenant laisser de côté sa tendance à abuser d’effets de mise en scène plus prétentieux qu'efficaces, elle franchirait un nouveau pas vers la maîtrise de sa nouvelle activité. Nous le lui souhaitons sincèrement!
L'avis de la rédaction :

Jean-Marie Lanlo: ***½
Martin Gignac: ***
 

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