L’économie du couple ***½

31 mars 2017

Texte publié dans le cadre du festival Cinémania 2016, et légèrement remanié.

Un homme et une femme en instance de séparation se déchirent sous les yeux de leurs enfants.

Réalisateur: Joachim Lafosse | Dans les salles du Québec le 31 mars 2017 (Axia)

Avec ce nouveau film, Joachim Lafosse prend d’une certaine manière le contre-pied de son précédent film en quittant un fait divers aux résonances internationales permettant de traiter de multiples sujets (Les chevaliers blancs) pour prendre place dans un logement dans lequel un homme et une femme s’étrillent sous les yeux de leurs filles sur fond de séparation difficile et de problèmes d’argent.
La première force de L’économie du couple est sa mise en scène. En plus de son sens de l’espace (essentiel car 95% du film se déroule dans le même logement), Joachim Lafosse sait également rendre tout à faits crédibles ses personnages, de surcroît parfaitement interprétés. Le jeu de Bérénice Bejo est d’une intelligence et d’une subtilité dignes de sa prestation dans Le passé. Cédric Kahn, tout en instinct, gagne progressivement ses galons d’acteur… et les deux enfants sont d’un naturel à faire pâlir de honte les frères Dardenne de Deux jours une nuit.
Les quatre acteurs parviennent ainsi à nous plonger dans une querelle de couple d’autant plus plausible que l’écriture a l’intelligence de ne pas prendre parti. Comme souvent dans de tels cas, chacun détient sa vérité, et chacun a de bons arguments pour avoir raison, mais également ses défauts. L’homme est un adulescent un brin agaçant, et la femme a tendance à être trop contrôlante! Le spectateur se mettant dans la peau de chacun reconnaîtra donc des torts à l’autre... et inversement, sans que le film ne soit pour autant trop démonstratif.
Alors que l’on croyait le plus dur fait, L’économie du couple n’est cependant pas sans faiblesses. L'événement majeur qui intervient vers la fin du film, indispensable pour la progression du récit, est assez maladroitement amené, ce qui tranche avec le reste du métrage, très délicatement écrit. Ce bémol est toutefois assez peu important face à la qualité de ce portrait d’une rupture d’un impressionnant réalisme.
L'avis de la rédaction :

Jean-Marie Lanlo: ***½
Martin Gignac: ***½
Pascal Grenier: ***½
Olivier Maltais: ***½
Ambre Sachet: **
 

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