Maudite Poutine ***

27 janvier 2017

Vincent (Jean-Simon Leduc) et les membres de son groupe de rock ont été pris à voler de la marijuana appartenant à des truands que connaît bien son frère Michel (Martin Dubrueil). L’occasion malheureuse permettra aux deux hommes de renouer un contact rompu depuis plusieurs années.

Réalisateur: Karl Lemieux | Dans les salles du Québec le 27 janvier 2017 (Funfilm)

Après Déserts (lire notre entrevue avec ses réalisateurs) en décembre dernier et Mes nuits feront écho il y a deux semaines,  le jeune cinéma québécois continue de prendre des risques formels très appréciables en flirtant de manière convaincante avec le cinéma expérimental.
Maudite Poutine est peut-être cependant le plus narratif des trois, surtout dans ses deux premiers tiers... qui ne sont pas, avouons-le, les plus réussis. Si nous comprenons d'emblée que Lemieux accorde beaucoup d'importance à l'image et aux émotions qui s'en dégagent, il s'appuie aussi beaucoup sur une intrigue et des personnages (une sombre histoire de drogue et de motards sur fond de rapprochement entre deux frères) qui sont trop superficiels pour convaincre. Certes, il filme à la perfection les vraies gueules (Martin Dubreuil, en barbu à capuche, n'a jamais été aussi fascinant...) et sait tirer profit du magnifique travail du directeur photo Mathieu Laverdière (que l'on n'avait pas vu aussi inspiré depuis Une jeune fille en 2013, dans un style très différent!), mais le film souffre de ne pas savoir sur quel pied danser. L'intrigue peu convaincante fait en effet trop longtemps de l'ombre à l'envie de communiquer de manière purement sensorielle (en plus de l'image, la bande sonore, tout aussi excellente, joue également le rôle d'affûteur des sens). Heureusement, le talent de Lemieux parvient tout de même à nous faire patienter jusque la dernière partie, qui se débride totalement lorsqu’elle délaisse un fil narratif qui semblait trop contraignant pour permettre aux expérimentations sensorielles d'atteindre leur plénitude.
Certes, nous aurions aimé plus de risques formels, plus de scènes musicales, moins de béquilles scénaristiques, mais une chose est sûre: nous ne pouvons que nous satisfaire de voir Lemieux passer au long… en espérant que la prochaine fois, il parvienne à laisser exploser ses qualités sans la moindre contrainte!
L'avis de la rédaction :

Jean-Marie Lanlo: ***
Martin Gignac: ***
Olivier Maltais: **½
 

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