Fantasia 2015: le bilan

5 août 2015

Nowhere Girl et Tag... probablement
les deux meilleurs films de cette édition!
Une nouvelle édition de Fantasia s’achève, et après trois semaines de projections et plus de 50 films vus, c’est l’heure du bilan! Après une année 2014 en demi-teinte (voir notre bilan de l’an dernier), cette année 2015 retrouve des couleurs, en partie grâce à un cinéma asiatique (et particulièrement nippon) qui était en grande forme.

Nous ne reviendrons pas en détail sur les meilleurs films dont nous avons déjà parlé, comme Nowhere Girl, de Mamoru Oshii (qui a cependant laissé une bonne partie de la salle perplexe), Tag, de Sion Sono (également Prix Cheval Noir du meilleur film) ou dans une moindre mesure Love and Peace (lui aussi réalisé par Sion Sono), mais il convient de dire quelques mots sur les œuvres plus mineures qui témoignent aussi de la diversité et de la qualité de la représentation japonaise à Fantasia cette année:
Shinjuku Swan (Sion Sono… encore lui): Je ne l'ai pas vu, mais d’après Martin Gignac, le film  est loin d'atteindre la qualité de Tag mais n’en demeure pas moins «sympathique et divertissant».
Wonderful World End (Daigo Matsui): Film un peu foutraque sur l’adolescence, imparfait mais pleine de charme.
Deadman Inferno (Hiroshi Shinagawa): Comédie d'action avec des yakusa et des zombies… aussi con que jouissif.
Signalons enfin pour terminer ce volet japonais que nous n’avons pas vu Miss Hokusai (Keiichi Hara), qui a obtenu le Prix Satoshi Kon du meilleur long métrage d’animation ainsi que le Prix Séquences.

En dehors du Japon, la sélection asiatique nous a également offert un autre film majeur en provenance d’Inde (Sunrise, lire notre critique) ainsi qu’une belle surprise thailandaise (The Blue Hours d'Anucha Boonyawatana, qui a obtenu des mentions spéciales aux prix New Flesh et Séquences) et quelques films coréens assez variés:
Office (Hong Won-chan): Film un peu prévisible mais très agréable qui traite de la violence du monde du travail par le biais du thriller horrifique.
A Hard Day (Kim Seong-hun): Thriller plein d'humour qui représente tout ce qu'on aime dans le cinéma de divertissement coréen de qualité.
Socialphobia (Hong Seok-jae): Film imparfait mais non dénué de qualités sur un thème de plus en plus souvent traité (les dangers de l’usage irréfléchi des média sociaux).
Haemoo (Shim Sung-bo): Je ne l’ai pas vu, mais d’après Sébastien Veilleux, il s’agit d’un film qui commence comme un «superbe thriller psychologique» pour s'essouffler un peu par la suite et se terminer en «jeu de massacre proche de la série B.»

En dehors de cette belle sélection asiatique, les festivaliers ont également pu voir des bons films en provenance des quatre coins du monde.
L’Australie nous a offert un très réussi Observance (Joseph Sims-Dennett) à propos duquel Olivier Bouchard a déjà écrit un texte.
L’Espagne nous a  offert un très bon film (Musarañas / Shrew’s Nest ) sur lequel je suis déjà revenu, mais également le très agréable mais un peu surestimé La isla mínima / Marshland, dont nous parlerons lors de sa sortie prochaine.
Le Danemark nos a quant à lui livré un intéressant Bridgend (Jeppe Ronde) qui a obtenu le prix de l’Association Québécoise des Critiques de Cinéma pour «le traitement visuel et sonore qui parvient à happer le spectateur et à le projeter au cœur des tourments de l'adolescence et de la réalité du suicide dans une petite communauté» (d'après le jury composé de Céline Gobert, André Lavoie et moi-même).
Toujours en provenance d'Europe, nous avons également apprécié Cosmodrama (Philippe Fernandez), qui cumule les banalités philosophico-scientifiques et assume son kitsch très 70’s pour nous livrer avec humour sa vision de l'opposition entre sciences dures et sciences molles!
L’Afrique a créé la surprise avec un beau (mais un peu long, malgré sa courte durée d’1h08) Crumbs (Miguel Llanso), qui est reparti avec le prix New Flesh.
La véritable déception était en réalité les États-Unis, qui nous ont plus souvent ennuyés que comblés. Heureusement, Excess Flesh (Patrick Kennelly) a sauvé l’honneur malgré de grosses faiblesses d'écriture. En dépit de celles-ci, le réalisateur nous semble clairement être un talent à suivre!
Cette édition nous a donc proposé un bon nombre de films intéressants, mais aussi quelques déceptions, y compris parmi les films que nous attendions beaucoup comme Anguish ou She Who Must Burn (pourtant Prix Barry Convex du Meilleur Long Métrage Canadien… ce qui prouve que le cinéma canadien n’est pas ce qu’on trouve de mieux à Fantasia!). Nous savons cependant que ces déceptions sont une constante dans les festivals qui proposent tant de films. Oublions-les et repensons aux autres en attendant l’an prochain avec impatience, tout en espérant voir certains films comme Tag bénéficier d’une sortie en salle. Plus accessible que Nowhere Girl, il mérite amplement un tel honneur!
 

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