Cinemania 2014: Le bilan

17 novembre 2014

Nous écrivions il y a peu que cette 20e édition de Cinemania était pleine de promesses. Ce petit bilan nous permet de constater qu’elle les a tenues.
Parmi les films dont nous attendions beaucoup, certains ne nous ont pas déçus (nous leur avons déjà consacré quelques articles durant ces dix derniers jours: La Chambre bleue, Hippocrate, Les combattants, Sils Maria, La belle vie). D’autres, pour lesquels les attentes étaient plus faibles, nous ont également ravis (Pas son genre, Respire).
Par contre, certains films ont laissé l’auteur de ces lignes plus perplexe même s’il ne peut leur nier d’évidentes qualités. Ce fut le cas pour Deux jours, une nuit, qui a cependant plu à Sami Gnaba, Saint Laurent (qui divise lui aussi Cinefilic puisque S.Gnaba y voit une parfaite synthèse du cinéma de Bonello et une «une oeuvre grandiose et libre»), 3 cœurs (là encore un peu plus apprécié par mon collègue, même s’il admet toutefois avoir quelques réserves) ou Party Girl (pour lequel notre avis est cette fois identique). Nous reviendrons plus en détail sur ces films au moment de leurs sorties respectives.
Les qualités furent beaucoup moins évidentes pour Abus de faiblesse de Catherine Breillat (qui nous prouve que le manque de recul par rapport à un sujet grave peut être particulièrement problématique) et pour La rançon de la gloire (probablement le premier film raté de Xavier Beauvois en plus de 20 ans de carrière).
Bien évidemment, entre les deux, le festival nous a permis de découvrir un nombre important de films pas assez remarquables pour qu’on leur consacre un texte dans le feu de l’action, mais qui méritent assurément quelques lignes:
Bird People: Film audacieux et plein de charme signé Pascale Ferran, qui pâtit toutefois de petites faiblesses d’écriture. C’est d’autant plus regrettable que la prise de risque narrative qui intervient vers la fin du film fonctionne parfaitement.
Une nouvelle amie: Très inégal, mais François Ozon parvient à traiter d’un sujet sérieux sur un ton léger en faisant assez souvent mouche.
Dans la cour: Une proposition de départ intéressante, des acteurs parfaits, un usage intelligent de la musique et de la photo… de quoi faire regretter que Pierre Salvadori se soit un peu perdu en route!
Un beau dimanche: Film très plaisant signé Nicole Garcia. Il manque cependant un peu de rigueur dans l’écriture et un peu de passion dans la mise en scène pour qu’on y croit vraiment!
Marie Heurtin: un sujet difficile délicatement traité par Jean-Pierre Améris. On regrette cependant qu’il ai trop souvent écourté des scènes non dialoguées et d’une grande force sensorielle au profit d’autres trop explicatives.

Après 10 jours de festival, nous aurons donc vu beaucoup de films de qualité, réalisés aussi bien par des réalisateurs chevronnés que par des cinéastes moins connus. Cinemania a su profiter de la grande forme du cinéma français actuel pour nous livrer une vingtième édition presque irréprochable. De plus, je n’ai pas eu vent de problèmes de projections (contrairement à un FNC qui fut catastrophique dans ce domaine cette année) et il n’y eut bien évidemment pas de conflit d’horaires puisque tous les films étaient projetés dans la même salle (contrairement à Fantasia qui veut nous en montrer toujours plus)... cependant, il y eut un bémol qui perdure d’année en année. En raison de cette volonté absurde de projeter 7 films par jours en limitant de manière inconsidérée le battement entre deux films, le festival n’a pas su éviter quelques retards, parfois conséquents. Lorsque l’on sait que les files d’attente se situent en extérieur et que le festival a lieu en novembre à Montréal, on peut voir cette décision comme un véritable manque de respect à l’égard des spectateurs.
Il ne nous reste plus qu’à attendre que cette absurdité soit corrigée (et que le cinéma français continue à nous offrir des films aussi variés et remarquables). Peut-être qu’alors, malgré son nombre limité de films, Cinemania deviendra le festival le plus agréable de Montréal!
À suivre...
 

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