Cinemania 2015: Le bilan

16 novembre 2015

On réduit parfois le cinéma français à un cinéma bavard composé de scènes de repas, de couples qui se trompent, d’une absence manifeste d’action… le tout avec un goût prononcé pour la comédie (pas souvent drôle).
Le fin connaisseur pourrait facilement trouver cette description un peu simpliste, mais pas toujours complètement fausse.
Heureusement, cette 21e édition de Cinemania est venue apporter un peu de nuance en nous offrant une programmation très variée. Parmi les plus grandes réussites, un film (Comme un avion) s’approchait il est vrai du film français type décrit plus haut… à une différence de taille: il est non seulement drôle, mais il est également une ode particulièrement réjouissante à la liberté et à la vie. Les autres sont plus représentatifs de la variété annoncée. Comme il en a déjà été question ici même, nous nous contenterons de les citer: Valley of Love  (deux monstres sacrés dans la Vallée de la Mort à la recherche du fantôme de leur fils), Dheepan (quête d’une nouvelle identité sur fond de drame social virant au thriller), Les anarchistes (film d’époque oscillant entre le film d’infiltration et la romance), Les chevaliers blancs  («d’après une histoire vraie»), ainsi que deux premiers films de guerre qui osent prendre des distance avec le genre (Ni le ciel ni la terre et La peur)
À ces films, il convient d’ajouter quelques titres à propos desquels nous n'avons encore rien écrit.

Commençons d’abord par deux déceptions:
- Vie sauvage ** (Cédric Khan): Comme d’habitude, le réalisateur excelle dans l’art de recréer des petits moments de vie. Il passe malheureusement un peu à côté d’un sujet passionnant qu’avait abordé de manière plus pertinente Jean Denizot dans La belle vie, vu à Cinemania l’an dernier.(signalons toutefois que mes collègues Gnaba et Gignac ont attribué une note de *** à Vie sauvage).
- Mon roi **½ (Maïwenn): Le talent de réalisatrice de Maïwenn ne fait aucun doute, et certaines de ses scènes sont parfaitement réussies. Malheureusement, elle peine à rendre crédible la relation entre ses deux protagonistes principaux… ce qui est problématique lorsque cette relation est justement le sujet du film.

Signalons maintenant deux films plutôt réussis:
- Maryland *** (Alice Winocour): La réalisatrice confirme tout le bien qu’on pensait d’elle depuis son premier film (Augustine). Malheureusement, après une première partie très réussie, le film peine un peu à rester à la hauteur de ses ambitions. Il n’en demeure pas moins très intéressant… et Alice Winocour reste à suivre de près. Elle finira probablement par réaliser un grand film!
- La tête haute ***. Après avoir vu Emmanuelle Bercot chez Maiwenn, Cinemania nous a permis de voir sa dernière réalisation. Si nous attendions Mon roi, c’est surtout La tête haute qui nous a convaincu. Certes, le film aurait gagné à élaguer certains éléments dramatiques superflus, mais l’ensemble reste très satisfaisant (et Catherine Deneuve y est magnifique!).

Si cette édition de Cinémania n’était pas à la hauteur de celle de l’an dernier  (il est vrai d’une qualité exceptionnelle), nous repartons une fois de plus heureux de nos dix jours passés à l’Impérial. La programmation riche et diversifiée avait tout pour plaire aussi bien aux cinéphiles qu’aux amateurs de cinéma plus populaire (dans cette catégorie, des films comme Floride ou Les héritiers ne sont d’ailleurs pas passés loin d’être réussis) et nous nous ferons un plaisir de revenir l’an prochain pour prendre le pouls d’un cinéma français dont la diversité et les promesses d’avenir (avec en tête le réalisateur de Ni le ciel ni la terre, Clément Cogitore) nous ravissent.
 

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